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Anthologie Cruelle, c'est un pléonasme. Toute anthologie est le résultat d'un choix. Tout choix est cruel ! Bla bla bla... Qu'est-ce qui justifie la présence d'une anthologie poétique sur un site comme Gayattitude ? Rien, sinon le caprice d'un internaute désireux de rappeler aux intervenants que la poésie est parole première. Que toute prise de parole, s'exprimât-elle par l'image ou le geste, le simple signe, se confronte à la poésie. Pour le reste, le choix que j'offre ici est fonction de mon humeur, de mon itinéraire, et de ce qui me touche encore. D'où les absences, les vides historiques. Cette anthologie ne prétends pas à l'exhaustivité. Je la veux ultra subjective et la diffuse comme telle. Je est une foultitude et tous ces poèmes sont moi ! Je m'engage bien entendu à retirer tous les textes soumis à droits qui me seraient signalés. ;o)

11/04/2008

11/04/08 - 18:21

Aujourd'hui : Henri Michaux (1899/1984)



La lac de San Pablo


4 heures de l'après-midi.

Légères pourtant doivent être tes eaux.
Mais comme tu es sombre.
Les lacs, d'ordinaire, pourtant sont joie,
Portent barques et rires, s'entourent de maisonnettes.
Mais, toi, comme tu es sombre ;
A une hauteur de mille deux cents mètres,
Là où si roses on s'imagine que devraient être les lacs qui réussissent.
Mais, tu es sombre, et même tu es bas.
Il t'écrase, l'Imbabura.
Il te domine, il t'humilie.
Part immédiatement de ton bord, pour le haut, pour le tellement plus haut.
Parce qu'il est une grande montagne,
(Sans compter qu'il est un grand volcan).
Il te dit : « Puits ! », il te dit : « Orteil ! »
Il se colore au sommet, lui,
Ne te laisse que la mesure de son ombre.
Oh triste, oh, sombre !
Oh ! Lac couleur d'anguille !

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