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Anthologie Cruelle, c'est un pléonasme. Toute anthologie est le résultat d'un choix. Tout choix est cruel ! Bla bla bla... Qu'est-ce qui justifie la présence d'une anthologie poétique sur un site comme Gayattitude ? Rien, sinon le caprice d'un internaute désireux de rappeler aux intervenants que la poésie est parole première. Que toute prise de parole, s'exprimât-elle par l'image ou le geste, le simple signe, se confronte à la poésie. Pour le reste, le choix que j'offre ici est fonction de mon humeur, de mon itinéraire, et de ce qui me touche encore. D'où les absences, les vides historiques. Cette anthologie ne prétends pas à l'exhaustivité. Je la veux ultra subjective et la diffuse comme telle. Je est une foultitude et tous ces poèmes sont moi ! Je m'engage bien entendu à retirer tous les textes soumis à droits qui me seraient signalés. ;o)

18/03/2008

18/03/08 - 13:39

Aujourd'hui : Guillaume Apollinaire (1880/1918)



La belle Gabrielle


C'est un clocher dans le lointain
La forêt c'est sa chevelure
Et le fleuve de ce matin
C'était son bras tandis que dure
Ce feu qui lentement s'éteint

Je crois à la métempsychose
Ce grand chien est trop caressant
Voici que s'effeuille la rose
C'est l'heure arrête-toi passant
Le photographe est là qui pose

Où vont ces nuages d'argent
Terrains à vendre et tant de têtes
Aux patères vont s'accrochant
La mule qui s'éloigne pète
Allez donc chercher un agent

commentaires

18/03/08 - 15:28

Voilà...on relit de l'Apollinaire au détour d'une page virtuelle, et comme à 16 ans, on se dit merde, mieux que ça s'est difficile, et aussi bien ne sera que plagiat (suivez mes regards torves ).
...la mule qui s'éloigne pète...
(hallucinant...!, s'est-il inspiré des haikus?)

18/03/08 - 19:11

S'il on en croit la légende, Apollinaire de par sa manière d'écrire, à tout moment, sur un coin de table, comme ça venait et en captant ce qui se passait autour de lui, ne devait pas être dans un état éloigné des haïkistes japonnais !

18/03/08 - 19:13

* Si l'on...

19/03/08 - 09:31

...pas très éloigné certes, mais, avec tout le respect dû chère Marguerite,... en un peu plus bourré...

19/03/08 - 12:45

Possible. Mais s'il fallait retirer à la poésie française tous les poèmes écrits en état d'ébriété (plus ou moins), il ne resterait plus grand chose d'intéressant ! :oD

20/03/08 - 21:43

... exact Marg!..et très loin de moi l'idée que l'alcool soit l'ennemi ni de la belle ouvrage ni même du génie.
Celà donne simplement au tout une autre coloration, que par exemple les cahiers d'un opiomane.

30/03/08 - 00:42

Le feu qui s'éteint me rappelle le poème qu'il avait eu la bonté de me consacrer :

Dans la Haute Rue à Cologne
Elle allait et venait le soir
Offerte à tous en tout mignonne
Puis buvait lasse des trottoirs
Très tard dans les brasseries borgnes

Elle se mettait sur la paille
Pour un maquereau roux et rose
Il était juif et sentait l'ail
Et l'avait venant de Formose
Tirée d'un bordel de Shanghaï

Je connais gens de toute sorte
Ils n'égalent pas leurs destins
Indécis comme feuilles mortes
Leurs yeux sont des feux mal éteints
Leur coeur bouge comme leur porte

30/03/08 - 20:11

Oui, très beau ! ;o)

30/03/08 - 22:54

Je ne connaissais pas ce dernier poème. MERCI

31/03/08 - 00:47

Comment, Doble, vous ne le connaissiez pas ? Ferré le chante pourtant dans son mythique récital de 1969 à Bobino !

31/03/08 - 23:33

...ma culture a des trous , c'est ce qui fait mon charme, parait-il.
Et puis en 69, je n'allai pas à Bobino. Non, non, non.
Ceci dit, va falloir que je m'offre finalement ce coffret Léo, sinon je vais encore me faire mettre à l'index.

31/03/08 - 23:45

En 69, vous n'étiez pas née, voyons^^

01/04/08 - 10:44

Vous êtes chou, mais que dois-je répondre? Si seulement!..., ou bien,...et comment!?

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