Anthologie Cruelle, c'est un pléonasme. Toute anthologie est le résultat d'un choix. Tout choix est cruel ! Bla bla bla... Qu'est-ce qui justifie la présence d'une anthologie poétique sur un site comme Gayattitude ? Rien, sinon le caprice d'un internaute désireux de rappeler aux intervenants que la poésie est parole première. Que toute prise de parole, s'exprimât-elle par l'image ou le geste, le simple signe, se confronte à la poésie. Pour le reste, le choix que j'offre ici est fonction de mon humeur, de mon itinéraire, et de ce qui me touche encore. D'où les absences, les vides historiques. Cette anthologie ne prétends pas à l'exhaustivité. Je la veux ultra subjective et la diffuse comme telle. Je est une foultitude et tous ces poèmes sont moi ! Je m'engage bien entendu à retirer tous les textes soumis à droits qui me seraient signalés. ;o)

08/12/2007

08/12/07 - 19:17

Aujourd'hui : la mer.



Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage
Pierre de Marbeuf

La vaste mer me parle et je me sens sacré.
Victor Hugo

Les langues sont comme la mer, elles oscillent sans cesse.  À certains temps, elles quittent un rivage du monde de la pensée et envahissent un autre. Tout ce que leur flot déserte ainsi sèche et s'efface du sol. C'est de cette même façon que des idées s'éteignent, que des mots s'en vont.
Victor Hugo

La déesse avait fui sur sa conque dorée,
La mer nous renvoyait son image adorée,
Et les cieux rayonnaient sous l'écharpe d'Isis.

Gérard de Nerval

La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,

Charles Baudelaire

La mer, la vaste mer, console nos labeurs !
Charles Baudelaire

Le soleil brillait, la mer pétillait, un vent sec et âpre soufflait sur les joncs des dunes et, comme une nappe d'eau qui eût passé dessus, les courbait tous à la fois.
Gustave Flaubert

Vieil océan, aux vagues de cristal, tu ressembles proportionnellement à ces marques azurées que l’on voit sur le dos meurtri des mousses ; tu es un immense bleu, appliqué sur le corps de la terre : j’aime cette comparaison.
Isidore Ducasse, Comte de Lautréamont

Vieil océan, tu es le symbole de l’identité : toujours égal à toi-même.
Isidore Ducasse, Comte de Lautréamont

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Arthur Rimbaud

La mer a perlé rousse a tes mammes vermeilles
Arthur Rimbaud

Elle est retrouvée.
Quoi ? - L'éternité.
C'est la mer allée
Avec le soleil.

Arthur Rimbaud

La mer, la mer, toujours recommencée
Paul Valéry

Et la mer au matin comme une présomption de l'esprit.
Saint-John Perse

Je t'aime à la face des mers
Rouge comme l'oeuf quand il est vert

André Breton

La mer se branle continuellement.
Georges Bataille

Aujourd'hui, la mer est mauvaise, sans plus.
Marguerite Duras

La mer qui n'en peut plus de répéter la mer sait que ceux qui viennent là, le soir, fumer une dernière cigarette, ne s'intéressent précisément qu'au fait qu'ils ne comprenne rien à ce qu'elle leur raconte. Sans doute même s'installent-ils sur un banc de bois peint afin d'écouter l'incompréhensible, ou de se bercer d'incompréhension. Ils prêtent l'oreille au violoncelle, silencieusement couché au large, d'un bois bleu et profond, dont l'horizon est la corde unique.
Jean-Michel Maulpoix

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