Anthologie Cruelle, c'est un pléonasme. Toute anthologie est le résultat d'un choix. Tout choix est cruel ! Bla bla bla... Qu'est-ce qui justifie la présence d'une anthologie poétique sur un site comme Gayattitude ? Rien, sinon le caprice d'un internaute désireux de rappeler aux intervenants que la poésie est parole première. Que toute prise de parole, s'exprimât-elle par l'image ou le geste, le simple signe, se confronte à la poésie. Pour le reste, le choix que j'offre ici est fonction de mon humeur, de mon itinéraire, et de ce qui me touche encore. D'où les absences, les vides historiques. Cette anthologie ne prétends pas à l'exhaustivité. Je la veux ultra subjective et la diffuse comme telle. Je est une foultitude et tous ces poèmes sont moi ! Je m'engage bien entendu à retirer tous les textes soumis à droits qui me seraient signalés. ;o)

11/03/2007

11/03/07 - 20:28

et s'il fallait n'en retenir qu'un seul !

Aujourd'hui : Jean-Pierre Duprey (1930/1959)



La fuite temporelle


Extrait


1° JOUR

Voici le temps, basse époque !
Dans son lac, la liseuse dit : « La sirène vraie enfante ses petits par le vide. »
Basse époque des fonds.
Le temps est là, chrysalide dans l'oreille, moule de sable pour la main, le temps qui nous apprenant coeur par coeur, doigt par doigt, cheveu après cheveu, pour nous défaire et nous refaire au même endroit, copies après copies, sans que jamais nous puissions nous relire.
Ah cela !
Apportez-moi plutôt une corde pour me pendre la langue, une tenaille pour m'arracher quelques larmes.
L'araignée qui tisse sa vie avec le fil enroulé autour de mon cou n'a jamais dit quel désespoir la faisait rire au point qu'éclate le crocodile.
Quant à ses larmes recueillies au jardin, elles sont gardées précieusement dans la boite précieuse du mur où vit la voix qui ne dit rien, car elle sait, car elle nous vie, nous qui sommes si près, car elle nous vie si facilement.



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