Anthologie Cruelle, c'est un pléonasme. Toute anthologie est le résultat d'un choix. Tout choix est cruel ! Bla bla bla... Qu'est-ce qui justifie la présence d'une anthologie poétique sur un site comme Gayattitude ? Rien, sinon le caprice d'un internaute désireux de rappeler aux intervenants que la poésie est parole première. Que toute prise de parole, s'exprimât-elle par l'image ou le geste, le simple signe, se confronte à la poésie. Pour le reste, le choix que j'offre ici est fonction de mon humeur, de mon itinéraire, et de ce qui me touche encore. D'où les absences, les vides historiques. Cette anthologie ne prétends pas à l'exhaustivité. Je la veux ultra subjective et la diffuse comme telle. Je est une foultitude et tous ces poèmes sont moi ! Je m'engage bien entendu à retirer tous les textes soumis à droits qui me seraient signalés. ;o)

07/03/2007

07/03/07 - 18:46

et s'il fallait n'en retenir qu'un seul !

Aujourd'hui : Tristan Corbière (1845/1874)



Vésuve et Cie.


Pompeïa-station - Vésuve, est-ce encor toi ?
Toi qui fis mon bonheur, tout petit, en Bretagne,
- Du bon temps où la foi transportait la montagne -
Sur un bel abat-jour, chez une tante à moi ;

Tu te détachais noir, sur un fond transparent,
Et la lampe grillait les feux de ton cratère.
C'était le confesseur, dit-on, de ma grand'mère
Qui t'avait rapporté de Rome tout flambant...

Plus grand, je te revis à l'Opéra-Comique
- Rôle jadis créé par toi : Le Dernier Jour
De Pompeï - Ton feu s'en allait en musique,
On te soufflait ton rôle, et... tu ne fis qu'un four.

- Nous nous sommes revus : devant-de-cheminée,
À Marseille, en congé, sans musique, et sans feu ;
Bleu sur fond rose, avec ta Méditerranée
Te renvoyant pendu, rose sur un champ bleu.

- Souvent tu vins à moi la première, ô Montagne !
Je te rends ta visite, exprès, à la campagne.
Le vrai Vésuve est toi, puisqu'on m'a fait cent francs !
......................................
Mais les autres petits étaient plus ressemblants.

Pompei, aprile.

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