Anthologie Cruelle, c'est un pléonasme. Toute anthologie est le résultat d'un choix. Tout choix est cruel ! Bla bla bla... Qu'est-ce qui justifie la présence d'une anthologie poétique sur un site comme Gayattitude ? Rien, sinon le caprice d'un internaute désireux de rappeler aux intervenants que la poésie est parole première. Que toute prise de parole, s'exprimât-elle par l'image ou le geste, le simple signe, se confronte à la poésie. Pour le reste, le choix que j'offre ici est fonction de mon humeur, de mon itinéraire, et de ce qui me touche encore. D'où les absences, les vides historiques. Cette anthologie ne prétends pas à l'exhaustivité. Je la veux ultra subjective et la diffuse comme telle. Je est une foultitude et tous ces poèmes sont moi ! Je m'engage bien entendu à retirer tous les textes soumis à droits qui me seraient signalés. ;o)

12/01/2007

12/01/07 - 19:51

et s'il fallait n'en retenir qu'un seul !

Aujourd'hui : Raymond Queneau (1903/1976)



Saint-Ouen's blues


Un arbre sur une branche
Un oiseau criant dimanche
L'herbe rase par ici

Des godasses pas étanches
Très peu d'atouts dans la manche
Une sauce à l'oignon frit

Un phono sur une planche
Un accordéon qui flanche
Des chats des rats des souris

Un vélo coupé en tranches
Un coup dur qui se déclenche
Des voyous des malappris

Un vague vive la Franche
Par un Auvergnat d'Avranches
Des Kabyles des Sidis

La putain qui se déhanche
Un passant séduit se penche
C'est cent sous pour le chéri

Des cheveux en avalanche
Des yeux non c'est des pervenches
Belles filles de Paris

Ma tristesse qui s'épanche
La fleur bleue ou bien la blanche
Et mon coeur qu'en a tant pris

Et mon coeur qu'en a tant pris
A Saint-Ouen près de Paris


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