Anthologie Cruelle, c'est un pléonasme. Toute anthologie est le résultat d'un choix. Tout choix est cruel ! Bla bla bla... Qu'est-ce qui justifie la présence d'une anthologie poétique sur un site comme Gayattitude ? Rien, sinon le caprice d'un internaute désireux de rappeler aux intervenants que la poésie est parole première. Que toute prise de parole, s'exprimât-elle par l'image ou le geste, le simple signe, se confronte à la poésie. Pour le reste, le choix que j'offre ici est fonction de mon humeur, de mon itinéraire, et de ce qui me touche encore. D'où les absences, les vides historiques. Cette anthologie ne prétends pas à l'exhaustivité. Je la veux ultra subjective et la diffuse comme telle. Je est une foultitude et tous ces poèmes sont moi ! Je m'engage bien entendu à retirer tous les textes soumis à droits qui me seraient signalés. ;o)

28/12/2006

28/12/06 - 18:56

et s'il fallait n'en retenir qu'un seul !

Aujourd'hui : Yves Bonnefoy (1923)



Dévotion


I


Aux orties et aux pierres.

Aux « Mathématiques sévères ». Aux trains mal éclairés de chaque soir. Aux rues de neige sous l'étoile sans limite.
J'allais, je me perdais. Et les mots trouvaient mal leur voie dans le terrible silence. - Aux mots patients et sauveurs.

II


A la « Madone du soir ». A la grande table de pierre au dessus des rives heureuses. A des pas qui se sont unis, puis séparés.

A l'hiver oltr'Arno. A la neige et à tant de pas. A la chapelle Brancacci, quand il fait nuit.

III


Aux chapelles des îles.

A Galla Placidia. Les murs étroits portant mesure dans nos ombres. A des statues dans l'herbe ; et, comme moi peut-être, sans visage.

A une porte murée de briques couleur de sang sur ta façade grise, cathédrale de Valladolid. A de grands cercles de pierre. A un paso chargé de terre morte noire.

A Sainte Marthe d'Aglié, dans le Canavese. La brique rouge et qui a vieilli prononçant la joie baroque. A un palais désert et clos parmi les arbres.
(A tous les palais de ce monde, pour l'accueil qu'ils font à la nuit.)

A ma demeure à Urbin entre le nombre et la nuit.

A Saint-Yves de la Sagesse.

A Delphes où l'on peut mourir.

A la ville des cerfs-Volants et des grandes maisons de verre où se reflète le ciel.

Aux peintres de l'école de Rimini. J'ai voulu être historien par angoisse de votre gloire. Je voudrais effacer l'histoire par souci de votre absolu.

IV


Et toujours à des quais de nuit, à des pubs, à une voix disant Je suis la lampe, Je suis l'huile.

A cette voix consumée par une fièvre essentielle. Au tronc gris de l'érable. A une danse. A ces deux salles quelconques, pour le maintien des dieux parmi nous.



commentaires

28/12/06 - 19:01

beau come du René Char

28/12/06 - 19:13

A propos de Bonnefoy, il s'agit de manier avec précaution le "comme" ! ^^

28/12/06 - 19:29

;o) Décidément, mon cher Griffin, vous avez l'oeil à tout !

Bienvenue sur Anthologie-Cruelle, Jeronimoo

28/12/06 - 19:44

oui, çà casse bien

comme come
homme home

ma foi...

mon foie????

mes fois??????????

cherchez l'intrus

28/12/06 - 20:16

C'est charmant.

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