Anthologie Cruelle, c'est un pléonasme. Toute anthologie est le résultat d'un choix. Tout choix est cruel ! Bla bla bla... Qu'est-ce qui justifie la présence d'une anthologie poétique sur un site comme Gayattitude ? Rien, sinon le caprice d'un internaute désireux de rappeler aux intervenants que la poésie est parole première. Que toute prise de parole, s'exprimât-elle par l'image ou le geste, le simple signe, se confronte à la poésie. Pour le reste, le choix que j'offre ici est fonction de mon humeur, de mon itinéraire, et de ce qui me touche encore. D'où les absences, les vides historiques. Cette anthologie ne prétends pas à l'exhaustivité. Je la veux ultra subjective et la diffuse comme telle. Je est une foultitude et tous ces poèmes sont moi ! Je m'engage bien entendu à retirer tous les textes soumis à droits qui me seraient signalés. ;o)

25/02/2006

25/02/06 - 11:03

et s'il fallait n'en retenir qu'un seul !

Aujourd'hui : Luc Bérimont (1915/1983)



Noël


Madame à minuit, croyez-vous qu'on veille ?
Madame à minuit, croyez-vous qu'on rit ?
Le vent de l'hiver me corne aux oreilles
Terre de Noël, si blanche et pareille,
Si pauvre, si vieille, et si dure aussi.

Au fond de la nuit, les fermes sommeillent,
Cadenas tirés sur la fleur du vin,
Mais la fleur du feu y fermente et veille
Comme le soleil au creux des moulins.
Comme le soleil au creux des moulins.

Aux ruisseaux gelés la pierre est à fendre
Par temps de froidure, il n'est plus de fous,
L'heure de minuit, cette heure où l'on chante
Piquera mon coeur bien mieux que le houx.
Piquera mon coeur bien mieux que le houx.

J'avais des amours, des amis sans nombre
Des rires tressés au ciel de l'été,
Lors, me voici seul, tisonnant des ombres
Le charroi d'hiver a tout emporté.
Le charroi d'hiver a tout emporté.

Pourquoi ce Noël, pourquoi ces lumières,
Il n'est rien venu d'autre que les pleurs,
Je ne mordrai plus dans l'orange amère
Et ton souvenir m'arrache le coeur.
Et ton souvenir m'arrache le coeur.

Madame à minuit, croyez-vous qu'on veille ?
Madame à minuit, croyez-vous qu'on rit ?
Le vent de l'hiver me corne aux oreilles
Terre de Noël, si blanche et pareille,
Si pauvre, si vieille, et si dure aussi.



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