Anthologie Cruelle, c'est un pléonasme. Toute anthologie est le résultat d'un choix. Tout choix est cruel ! Bla bla bla... Qu'est-ce qui justifie la présence d'une anthologie poétique sur un site comme Gayattitude ? Rien, sinon le caprice d'un internaute désireux de rappeler aux intervenants que la poésie est parole première. Que toute prise de parole, s'exprimât-elle par l'image ou le geste, le simple signe, se confronte à la poésie. Pour le reste, le choix que j'offre ici est fonction de mon humeur, de mon itinéraire, et de ce qui me touche encore. D'où les absences, les vides historiques. Cette anthologie ne prétends pas à l'exhaustivité. Je la veux ultra subjective et la diffuse comme telle. Je est une foultitude et tous ces poèmes sont moi ! Je m'engage bien entendu à retirer tous les textes soumis à droits qui me seraient signalés. ;o)

18/02/2006

18/02/06 - 06:54

et s'il ne fallait en retenir qu'un seul !

Aujourd'hui : Michel Bulteau (1949)



Acapulco


(Extraits)


La longue voiture cataleptique s'arrêta.

La baie était mouillée de remords.
Les diamants s'enfuyaient des prières.
Derrière les vitres augustes,
mon front célébrait un grand rêve.

Les yachts superbes comme des caillots de sang.
Les palaces aux fines chevilles d'éclair.
Des futaies de lumières insurgeaient mes cils.

Les sèves de l'ennui.
Les moulures niaises des comédies diluviennes.
Chaos, angles d'insolence, dédain.

(...)

On frappait, pour m'offrir des roses.

Il me fallait m'admirer
ritualiser mes cernes
dans les loups de chasuble
des hauts miroirs
endormir la peine de mes bijoux
sur l'eau calme des napperons.

(...)

Des lisières d'odeurs scellaient
les pierreries incendiées de rumeurs.
Les salons de convulsions implacables.
Je déposais mon costume lyrique
parmi les formes mouvantes des oeillets,
sans toutefois effleurer
les tempes des jardins enterrés.

Dans les verres de la nuit,
les pailles lasses de l'élégance
aspiraient le soda glacé des étoiles.
J'étais descendu dans ce palace
aux terrasses heurtées de teintes tremblées.

Comme des cathédrales défaites,
les voix de l'océan soupçonnaient mes féeries.
Des cristaux affinés m'avaient fixé
dans un déplacement d'os et de scintillances :
l'Archipel de l'Orgueil.




commentaires

Les commentaires sont automatiquement fermés aux visiteurs au bout de trente jours.