Anthologie Cruelle, c'est un pléonasme. Toute anthologie est le résultat d'un choix. Tout choix est cruel ! Bla bla bla... Qu'est-ce qui justifie la présence d'une anthologie poétique sur un site comme Gayattitude ? Rien, sinon le caprice d'un internaute désireux de rappeler aux intervenants que la poésie est parole première. Que toute prise de parole, s'exprimât-elle par l'image ou le geste, le simple signe, se confronte à la poésie. Pour le reste, le choix que j'offre ici est fonction de mon humeur, de mon itinéraire, et de ce qui me touche encore. D'où les absences, les vides historiques. Cette anthologie ne prétends pas à l'exhaustivité. Je la veux ultra subjective et la diffuse comme telle. Je est une foultitude et tous ces poèmes sont moi ! Je m'engage bien entendu à retirer tous les textes soumis à droits qui me seraient signalés. ;o)

31/01/2006

31/01/06 - 06:30

et s'il fallait n'en retenir qu'un seul !

Aujourd'hui : Alain Jouffroy (1928)



Les 365 exils du lac Corrib

(Extrait)


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326 Jouffroy Alain Jean Marc né le Onze Neuf Vingt Huit
327 Effacement de tous les signes qu'il a laissés sur l'os
328 Rien n'est dit rien ne sera jamais dit par personne
329 La Fable de l'Histoire a enfanté trop de croyance en l'autre
330 Laissez laissez ces grimoires et tous ces reliquaires
331 Les fondateurs d'ordres et de monastères sont périmés
332 Comme je périrai moi-même à mes propres principes
333 Je m'en vais loin de mes mots trouver le vol d'oiseau
334 Je ne suis pas de ceux qui se résument par un livre
335 Orgueil-observatoire tu es un goéland
336 Que viennent les pirates danois les norvégiens
337 Piller la cache des théories et le sang des bavards
338 Jamais un auditoire ne suffira au génie d'un seul
339 Qu'on parte et qu'on incendie les portes derrière soi
340 Les solitudes parquées ne font que crever par la racine
341 Et que l'on découvre par hasard de plus grandes Irlandes
342 C'est à la traîne des défaites que surgit le plein jour
343 La relève des ruines ne ravive pas l'or de la nuit
344 Encore que cette loi soit plus bête qu'une truie
345 Ou la vengeance éclate quand le vainqueur est mort
346 Ou la blessure fatiguée fait la paix avec les tueurs
347 Plus un homme jamais ne peut croire l'état envahisseur
348 Les ministères s'échangent comme procédés de tricheurs
349 Et l'église absout et bénit toute armée en place
350 Jamais une idéologie n'égalera le rossignol
351 Dont le chant imprévisible défie toutes les orgues
352 Peu importe d'ailleurs Je ne sais ce qu'écrirai plus loin
353 Les règles d'exception ne taillent aucun de mes costumes
354 Dans l'ordre de succession je suis fossé non comblé
355 Nul besoin d'approbation ne ligote ma langue
356 Et pourtant quelle erreur approuvée n'est une fête
357 La tapisserie de mon existence n'est pas tissée
358 Et je n'ai commencé qu'un seul « Acte de suprématie »
359 Je me libère de ces eaux où stagne la résurgence
360 Mais comment ? Par l'aération des veines
361 Je terrorise en moi la crainte de m'obéir
362 Et quand s'achève le Corrib entre les môles de Galway
363 La seule mouette qui plane ne porte aucun message
364 Il est temps de couper le fil de tous les discours
365 Un lac dessine pour toujours la fuite de ma pensée
Currarevagh House, 23-26 août 1973.


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